OVNi : 2​e édition du Festival d’art vidéo de Nice

Dan Graham, Lax/Relax, 1969 Hôtel Windsor © David Sauval

Parrainée par Pascal Neveux, directeur du Fonds Régional d’Art Contemporain Provence-Alpes-Côte-d’Azur, la seconde édition d’OVNi (Objectif Vidéo Nice), s’est tenue dans les rues niçoises du 29 novembre au 4 décembre 2016. Ce concept inédit qui met à l’honneur l’art vidéo et plus globalement l’image en mouvement, propose deux parcours d’exposition originaux et parfois insolites à travers la ville, ponctués de vernissages, de performances et de rencontres. Si la première édition avait déjà rassemblé quatorze lieux participants, cette seconde mouture a fait appel à plus de 120 artistes et s’est déployée dans un peu plus de trente lieux niçois.

          Imaginé par Odile Payen-Redolfi, l’évènement est né dans les chambres de l’Hôtel Windsor, qui a invité et donné carte blanche à des écoles, des centres d’art, des festivals internationaux et des collectionneurs privés (dont Isabelle et Jean-Conrad Lemaître, Françoise et Jean-Claude Quemin, ainsi qu’Albertine de Galbert), qui eux-mêmes ont sollicité des artistes afin qu’ils investissent les chambres de l’hôtel avec leurs productions vidéo. Véritable épicentre du festival et premier parcours, le Windsor concentre trente-et-une « chambres-œuvres » décorées, peintes ou relookées par des artistes contemporains depuis la fin des années 80 avec l’objectif de créer un univers original dans chacune d’entre elles. Dans chaque chambre, les conditions de visionnage des vidéos sont déplacées et renouvelées : exit le white ou le black cube du musée. Les vidéos sont diffusées via des téléviseurs ou des écrans géants posés sur les lits, et sont projetées au plafond ou regardées sur des moniteurs placés ça et là, sur le rebord d’une baignoire, une table de jardin ou à même le sol. Les productions vidéos de Steven Cohen (The Chandelier, 2002), Yuri Ancarani (IL CAPO, 2010), Sylvie Blocher (Men in Pink, 2001), et tant d’autres, habitent les chambres et suggèrent une autre lecture de nos rapports à cet espace intime.

          Le second parcours, « satellites », invite passants, touristes et passionnés à déambuler à travers la ville, à la découverte de vidéos projetées dans des lieux éphémères (l’Office Temporaire avec Alexandre Capan), dédiés (le MAMAC avec Chantal Akerman, le Palais Lascaris avec Corina Rüegg), «‍ alternatifs » (La Station, le 109), de design (Chez Mr Edmond avec Lucien Duris, LMovies et Nicolas Brunet, Le Loft avec Eelco Brand et Pierrick Sorin), ou associatifs, comme dans le chaleureux petit local de l’association Héliotrope qui présentait trois vidéos étonnantes d’Olivier Cheval, Maxime Martins et Mihai Grecu.

          Par ailleurs, en synergie avec OVNi, l’association L’ÉCLAT a proposé un forum de rencontres et de débats autour de la thématique de l’écran, qui s’est tenu les 1er et 2 décembre à la Villa Arson et à la Chambre de Commerce et d’Industrie pour se terminer au cinéma de Beaulieu à Nice. Il marque l’acte fondateur de la Biennale MOVIMENTA, fête urbaine qui aura lieu à l’automne 2017 et qui invitera le public à parcourir la ville jalonnée d’images en mouvement. Les temps forts en seront une compétition internationale de films d’artistes et des rencontres professionnelles en vue d’amener à la réalisation de projets collaboratifs. Cette biennale de l’image en mouvement vise à favoriser l’interdisciplinarité en se faisant l’intermédiaire entre artistes, critiques d’art, théoriciens, chercheurs, ingénieurs des technologies numériques, urbanistes et étudiants.

          Cette nouvelle édition du Festival OVNi, qui aura eu le mérite de réunir un public de différents horizons, se révèle déjà comme un évènement incontournable dans le champ de la vidéo d’art en prouvant plus que jamais que, précisément, dans ce domaine tout est possible.

 OVNi Festival
Du 29 novembre au  4 décembre 2016