Pris de court (2016), un drame familial aux allures de thriller psychologique

Pris de court 
Réalisé par Emmanuelle Cuau (2016)
Drame
★☆☆☆

Pris de court, réalisé par Emmanuelle Cuau (2016) © Ad Vitam

Connue pour avoir réalisé trois longs métrages en vingt ans : « Circuit Carole » (1995), « Secret défense » (1998) et « Très bien, merci » (2007), la réalisatrice et scénariste française Emmanuelle Cuau se fait rare dans le monde du cinéma. Elle revient cette année sur le devant de la scène avec « Pris de court », un drame familial porté par Virginie Efira, Gilbert Melki et deux jeunes acteurs talentueux : Renan Prévot et Jean-Baptiste Blanc que l’on découvre pour la première fois.

          L’histoire en apparence banale relate le quotidien de Nathalie, joaillière de profession, qui, à la mort de son mari, a quitté sa province accompagnée de ses deux enfants : Paul (15 ans) et Bastien (8 ans) pour débuter une nouvelle vie au sein de la capitale. Mais rien ne se passe comme prévu. Le quotidien paisible et calme qu’elle espérait lui échappe, et elle ne réussit pas à reprendre la main sur ce qui a dérapé lentement et sournoisement sous ses yeux. Arrivée à Paris pour travailler au sein d’une boutique de bijoux, Nathalie apprendra un matin que la place qu’on lui avait accordée vient de lui être destituée. Désespérée et en proie aux doutes, celle qui a tout quitté pour venir s’installer en ville, occupera ses journées en tant que serveuse, un emploi qu’elle cachera à ses deux enfants pour les protéger. Débutera alors une série de mensonges. Son aîné Paul, sous le joug d’influences nocives, plongera dans le trafic de drogue, un engrenage duquel il ne pourra plus jamais ressortir et qui plongera la famille dans un désarroi entier. Il pourra toutefois compter sur la figure maternelle forte et combative qu’incarne avec brio Virginie Efira. 

Virginie Efira et Renan Prévot, Pris de court, Emmanuelle Cuau (2016) © Claire Nicol / Ad Vitam

          Poétique par moment, le film puise sa richesse et sa densité dans les silences et les non dits. L’amour maternel et familial, ciment de l’intrigue, lie les trois personnages principaux. C’est lui qui les sauvera de cet enfer dans lequel ils ont chuté. Plus que le reflet d’une société en proie à l’insécurité financière, le film se veut être un hommage à l’amour maternel, véritable pilier familial. « J’aime les films sociaux mais ce n’est pas ce que je voulais faire ici. Je voulais raconter une mère qui, coûte que coûte, fait tout pour sortir son fils d’un mauvais pas. Dans des situations extrêmes ou non, je crois qu’une mère est prête à tout, bien plus que ce qu’elle peut supposer, pour assister ses enfants et les protéger », explique Emmanuelle Cuau. Minimaliste, le film peine néanmoins à nous séduire et à nous plonger dans son intrigue. Le suspens, voulu haletant, ne parvient pas à donner du dynamisme à l’ensemble. Peu crédible, il semble surjoué et surfait, en rien comparable aux thrillers psychologiques auxquels pourrait faire penser le long métrage. Répétitif, le film l’est en tout point : par les décors, les habitudes vestimentaires des personnages et le déroulement banal du quotidien.

          Star montante du cinéma franco-belge, Virginie Efira surprend par son jeu remarquable et la palette d’émotions qu’elle est capable d’interpréter. Après « 20 ans d’écart » (2013), « Le Goût des merveilles » (2015) et plus récemment « Victoria » (2016), l’actrice semble s’affirmer sur la scène cinématographique française. Principalement connue pour les comédies romantiques auxquelles elle a participées, l’actrice montre avec « Pris de court » une nouvelle facette de son jeu en s’orientant vers le cinéma de genre. On la retrouvera très prochainement sur grand écran pour l’adaptation du célèbre roman « Un amour impossible » de Christine Angot portée par la réalisatrice Catherine Corsini.