The Smell of us, Larry Clark, 2014

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          Les kids de Larry Clark n’en finissent pas de lui faire tourner la tête. Têtes d’ange contre vieux démons de la jeunesse, The Smell of us flirte entre les tableaux, mêlant sexes, drogues et alcools. Une jeunesse dorée qui recherche l’aventure et l’interdit. A la sortie des lycées, dans les soirées improvisées, pendant que les parents s’inquiètent ou veulent savoir qui vient les chercher, ces jeunes skateurs parisiens se désirent et se détruisent. Le pouvoir de l’argent les déshumanise, les faisant se prostituer en réalisant des fantasmes d’un autre temps, sans scrupules, jusqu’à les aliéner complètement faisant d’eux une jeunesse hors du temps et irréaliste.

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          Irréaliste mais pourtant si proches … les textures d’images se mélangent, plongeant le film dans multiples mises en abyme, confrontant le spectateur à son rapport aux images. Il y a le film de Larry Clark, véritable expérience visuelle sur cette façon de voir cette jeunesse, puis les images vidéos de l’un d’entre eux, toujours caméra à la main, filmant un quotidien, des actions qui semblent banales sans amertume, ni regrets, faisant de l’objet une source de mémoire, de souvenirs, de preuves. Une jeunesse dorée qui semble solidaire, se filmant aussi avec une caméra gopro faisant des cabrioles au-dessus d’un sdf à terre. Ces images travaillées, floutées, texturées, ou encore pixélisées, sont intégrées au montage final, rappelant les belles heures des samedis soirs de canal plus, entre jeunes gens à peine mineurs et pratiques voyeuristes… le mélange est explosif.

Ni fiction, ni documentaire, ce film à l’allure excessive et exécrable pour vous faire parler devant la machine à café.

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