UN CAFE AVEC LA GRANDE SOPHIE

© César Blay

© César Blay

La Grande Sophie est une artiste française plutôt confidentielle au niveau du grand public et pourtant elle en est déjà à son septième album, elle réalise des tournées mondiales, elle a obtenu deux Victoires de la musique… Après La place du Fantôme en 2012, elle revient cette année avec un nouvel album Nos Histoires dans lequel à travers dix chansons, elle évoque les rencontres, les évènements mais aussi les sentiments, qui ont accompagné sa vie durant ces trois dernières années !

L’équipe du Contemporain a donc eu envie d’aller à la rencontre de cette artiste afin d’en savoir plus sur sa personnalité et sur ce qui a inspiré son dernier album Nos histoires.

  • Pouvez-vous nous raconter la genèse de votre dernier album Nos histoires ? Considérez-vous que l’on peut parler d’album-concept ?

Le mot «concept» est un mot que je n’apprivoise pas encore parfaitement. En fait, je n’avais pas écrit durant la tournée précédente qui a été très longue avec plus de 130 dates. On a terminé notre tournée au Vietnam, à Hanoï sauf que là-bas rien ne s’est passé comme prévu car ils avaient perdu leur héros national, le Général Giap donc il y a eu plusieurs jours de deuil national. Nous n’avons pas pu jouer dans le festival comme prévu mais nous avons quand même joué à l’institut français, dans un cadre plus intimiste. De mon côté, je voulais prolonger mon voyage, aller au centre du pays et il y avait des typhons donc je suis restée totalement bloquée dans Hanoï. J’ai donc eu l’occasion de découvrir la ville, je m’y suis perdue, on m’a fait connaître la nourriture, les spécialités. J’avais deux charmantes interprètes avec moi, avec lesquelles je corresponds toujours d’ailleurs. Il y avait vraiment une énergie hyper positive là-bas et j’avais le cœur serré en partant d’autant plus que c’était la fin de la tournée. Finalement, ça a été le déclic pour recommencer à écrire de nouvelles chansons et il se trouve que sans le savoir, je donnais le thème de l’album qui était la rencontre.

  • Vous avez justement écrit une chanson qui s’appelle Hanoï et j’ai lu dans plusieurs interviews que vous aimiez beaucoup l’Asie de manière générale. Pourquoi ce continent plus qu’un autre ? Qu’est-ce qui vous y attire ?

Je ne sais pas pourquoi, c’est un dépaysement total. Le climat vous plonge dans une atmosphère particulière. En Asie, il y a toujours cette idée de secret qui apparaît quelque part, il y a une pureté, c’est ce que je ressens à chaque fois que je vais là-bas. Il y a quelque chose qui me pousse à y retourner à chaque fois. Et là, j’ai de la chance parce qu’on va y retourner justement pour la nouvelle tournée et je vais chanter à Hanoï la chanson Hanoï ce que je considère comme un cadeau pour eux, ce qui va beaucoup me toucher aussi.

  • Votre album Nos histoires est très personnel, peut être encore plus que les précédents … Quelle place lui donneriez-vous dans l’ensemble de votre discographie ?

Je crois que quand on écrit ses propres chansons, bien entendu, c’est personnel. On peut dresser le portrait d’un auteur à travers ses chansons. On met forcément du sien, même si on parle des autres, notre personnalité transparaît à travers notre propre vocabulaire, notre façon de s’adresser aux autres.

Ensuite, je crois qu’un album n’arrive jamais au hasard, c’est le fruit de toute mon expérience. J’ai réussi à faire un piano-voix sur celui-ci, c’était pour moi un fantasme de faire cela… juste un instrument, une voix. Pour moi, un album c’est toujours un marque-page, c’est là où on en est. Celui-ci, Nos histoires, ce sont toutes les rencontres qui se sont passées ces troisièmes années. Je vous ai parlé d’Hanoï qui est une rencontre avec un pays, une culture mais il y a aussi Je n’ai rien vu venir issue de ma rencontre avec Delphine de Vigan, la romancière, qui m’a beaucoup appris suite à une lecture musicale que nous avions faite ensemble et que nous allons reprendre d’ailleurs. Elle m’a appris à poser mon corps sur scène, à ne rien faire et à ‘écouter ce qui était assez difficile pour moi!

  • Je trouve la pochette de Nos histoires particulièrement jolie. Pouvez-vous nous raconter comment l’idée vous est venue ?

Oui, c’est une idée à laquelle je tenais beaucoup. Je voulais changer par rapport à l’album précédent qui est un album très sombre même au niveau de la pochette qui est en noir et blanc. Je voulais sortir de ça, ce nouvel album est une ouverture sur l’autre et je voulais qu’on ressente une certaine luminosité pour cette pochette. J’avais été marquée par un artiste qui s’appelle Oliafur Eliasson qui avait exposé à la Tate Modern à Londres et il avait fait un énorme soleil et quand on rentrait dans le hall, on était complètement pris par l’atmosphère, c’est comme s’il avait su recréer une atmosphère naturelle très sereine. Je voulais cette luminosité, cette chaleur pour ma pochette. Je cherchais donc un photographe capable de recréer cela et j’ai fait appel à César Blay, un espagnol qui n’a pas spécialement fait de pochette d’album d’ailleurs. C’était une belle rencontre !

© César Blay / La Grande Sophie

© César Blay / La Grande Sophie

  • Vous avez travaillé avec Jeanne Cherhal pour la chanson Tu dors. Pourquoi avoir souhaité travailler avec cette artiste ?

Nous avions déjà travaillé ensemble pour Les Françoises, une création pour le Printemps de Bourges avec aussi Camille, Emilie Loizeau, Olivia Ruiz et Rose-Marie Stanley. Cette collaboration m’avait marquée. J’aime beaucoup Jeanne Cherhal, il y a véritablement un respect mutuel. Je ne suis pas du tout pianiste donc j’ai composé la musique de Tu dors sur un synthétiseur, il me fallait donc quelqu’un pour l’enregistrer et la jouer sur un vrai piano et j’ai tout de suite pensé à Jeanne parce que c’est une très bonne pianiste et son dernier album, Histoire de J tourne autour de sa façon de jouer à la fois puissante et émouvante!

  • Vous avez fait sept albums… Comment composez-vous votre setlist pour la tournée ?

Il y a celles qu’on ne peut pas enlever, moi-même quand je vais à un concert, j’attends les chansons un peu phares, les singles. Je me laisse parfois le choix du dernier moment avec le rappel, d’ajouter une chanson, de piocher dans mon répertoire. Je remanie beaucoup tout au long de la tournée la setlist, j’adore retravailler mes chansons, leur donner une nouvelle vie. En général, je joue tout le dernier album aussi, le tout en cherchant un bon équilibre. J’aime ajouter des reprises aussi.

 

Les indiscrétions du Contemporain

© Le Contemporain / La Grande Sophie

© Le Contemporain / La Grande Sophie

  • Votre livre préféré de Delphine de Vigan ?

J’avoue que je l’ai connu avec Rien ne s’oppose à la nuit qui était bouleversant mais avec le dernier D’après une histoire vraie, elle m’a encore surprise. Je vais dire le dernier quand même parce qu’il est magnifique!

  • Votre dernier coup de cœur musical ?

J’ai pu l’invité justement lors de ma date au Trianon. C’est Blick Bassy, un artiste camerounais qui a une voix sublime, tout en douceur, en nuance.

  • Votre dernier coup de cœur live ?

Alors je ne suis pas beaucoup sortie ces derniers temps (elle réfléchit)… Ah mais oui bien sûr, c’est Jacques Higelin ! C’est le frisson assuré à chaque fois. Je l’ai vu plusieurs fois sur ses deux dernières tournées, c’est un véritable poète et ils sont peu encore à avoir cette prestance, cette fraicheur. Il fédère tout le monde sur scène, par la joie et l’émotion. C’est vraiment quelqu’un à voir sur scène !

Votre dernier coup de cœur cinématographique ?

J’ai bien aimé le film Mustang !

La Grande Sophie

Album Nos histoires disponible partout

En concert à L’Olympia le 18 mai 2016 et en tournée dans toute la France

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