UN CAFE AVEC MORGANE IMBEAUD

© Le Contemporain / Morgane Imbeaud

© Le Contemporain / Morgane Imbeaud

Nous avons découvert Morgane Imbeaud au côté de Mark Daumail, ensemble, ils faisaient une musique à consonance folk accompagnant des paroles parfois très dures, sous le nom de Cocoon. Depuis, Morgane fait son chemin… Après Peaks et Un orage, elle nous présente un nouveau projet atypique et très personnel. Derrière Les songes de Léo se cache donc l’histoire de Léo, mi-homme, mi-félin, rejeté par les siens car il lui manque une oreille. Il choisit alors de rechercher un monde meilleur dont la route sera ponctuée de rencontres et de questionnements… Cette histoire prend la forme d’un conte musical à retrouver en CD, en livre mais aussi en spectacle.

© Les Songes de Léo / Morgane Imbeaud

© Les Songes de Léo / Morgane Imbeaud

Nous avons rencontré Morgane afin qu’elle nous en apprenne plus sur ce nouveau projet pour le moins original !

  • Pour commencer, pouvez-vous nous raconter comment est né le projet des Songes de Léo ?

C’est un conte que j’ai écrit il y a deux ans. J’ai toujours aimé le lien entre la musique et l’image, je voulais d’ailleurs faire des musiques de films avant. Je me suis remise un peu au piano, j’ai réfléchi à tout ça, j’ai composé quelques thèmes et je me suis rendue compte que je manquais souvent de mots pour exprimer vraiment ce que je ressentais. J’y arrivais par les mélodies plus que par les mots. J’essayais de trouver les mots justes, d’écrire les peurs, les sentiments que j’avais pu connaître.   

Ensuite, j’ai pris toutes mes notes, toutes mes chansons en me disant que je n’avais pas envie de parler à la première personne, de raconter ma vie personnelle. C’est comme ça qu’est née l’histoire de Léo. J’avais du coup quelques tableaux en tête, la scène du phare ou de la forêt par exemple et l’histoire a commencé à se mettre en place. Finalement, j’ai fait la musique de ma propre histoire.

  • C’est un projet qui semble vous tenir à cœur depuis longtemps, que vous avez démarré il y a deux ans. Pourquoi n’aboutit-il finalement qu’aujourd’hui ?

En fait, je n’osais pas le faire et je n’avais pas vraiment le temps non plus. Au début, je ne me projetais sur ce projet que sur scène, je n’imaginais pas faire un album et encore moins un livre. C’était un gros défi à mettre en place sur scène. On y évolue avec cinq musiciens, il y a des tubes transparents sur lesquels sont projetées des vidéos d’animation pour créer un peu de 3D tout en ayant une présence des musiciens au cœur de cette installation pour ne pas tomber dans le ciné-concert. Ensuite, la volonté de sortir un CD et un livre est venue plus tard, ce qui a pris du temps également. Finalement, les deux sont indépendants, ce qui me plait. La réunion des deux, c’est le spectacle ! Et puis, je dois préciser aussi que ça m’a pris du temps car c’est un milieu que je ne connaissais pas donc j’ai mis du temps à contacter toutes les personnes qui ont travaillé avec moi.

  • Comment vous est venue l’histoire du personnage de Léo ainsi que ce prénom ?

Le personnage de l’homme-chat m’est venu tout bêtement parce que j’ai un chat et je crois que ça s’arrête là. Le fait qu’il n’ait qu’une seule oreille, c’était pour justifier qu’il soit rejeté. A travers Léo, j’ai voulu parler de la solitude, il est rejeté par les siens, il n’a pas de parents… je décris des crises d’angoisse dans le livre. Je voulais décrire ce type de sensations parce que beaucoup de personnes, des adultes, les ressentent et ont peur d’en parler. Finalement, la question dans ce conte, c’est comment faire pour apprivoiser notre mal-être. Pour le prénom, c’est pareil, je n’ai pas d’explication. Je me suis dit que ça lui allait très bien, j’ai essayé de chercher d’autres prénoms mais aucun ne lui allait mieux que celui là pour moi.

  • Vos textes parlent essentiellement des peurs, du mal-être mais le tout sur des mélodies très douces tout comme l’est votre voix. Est-ce un moyen de mieux faire passer certains messages ?

Honnêtement, je n’y ai pas vraiment réfléchi. Cela vient surtout naturellement. J’arrive à m’exprimer musicalement en douceur, j’ai toujours fait des choses assez douces, assez planantes. Je ne sais pas exprimer ces sentiments là d’une autre manière.

  • Vous avez collaboré avec Chabouté et Jean-Louis Murat. Pouvez-vous nous expliquer comment ça s’est fait ?

Pour Chabouté, quand j’étais en pleine écriture de l’histoire de Léo, j’étais tombée amoureuse d’un roman graphique qu’il avait fait qui s’appelle Tout seul, c’est l’histoire d’un personnage qui vit dans un phare, un roman quasi-muet en noir et blanc. Il dégageait beaucoup d’émotion avec ses dessins où rien n’est aseptisé. Je me suis dit que pour Léo, il serait parfait notamment pour dessiner la forêt telle que je me l’imaginais. Je ne savais pas comment le rencontrer d’autant plus que j’avais vu qu’il travaillait tout le temps seul. Je n’avais vraiment aucune idée de comment le contacter. Finalement, je suis passée par Facebook, tout bêtement, en lui envoyant des maquettes, l’histoire etc. Il venait de créer son Facebook donc j’ai eu de la chance, il lisait encore ses mails (rires). On a ensuite beaucoup échangé, je lui ai expliqué les raisons de chaque histoire. Pour le coup, il a tous les secrets (rires).

Jean-Louis, je le connaissais déjà, j’avais fait des voix sur son album, je l’avais suivi sur quelques concerts donc j’ai fini par me décoincer et lui parler de Léo. J’avais besoin de chansons en français que je n’arrivais pas moi-même à écrire. Il a su me toucher avec ses mots, garder les sonorités etc. Il a vraiment très bien compris ce que je voulais dire avec Léo.

  • Vous avez fait deux représentations à Clermont-Ferrand. Comment avez-vous vécu l’aboutissement de tout votre travail sur scène ?

Alors c’était les 14 et 15 octobre. Donc tout le mois de septembre était ultra chargé. J’étais stressée, super contente et ultra lunatique en même temps (rires). Déjà j’avais peur de ne pas remplir les deux dates et finalement ça a été complet très vite, c’était une vraie surprise. Pendant la période de la résidence, on était dix, c’était que des amis, des gens qui se connaissaient tous donc c’était une bonne ambiance. On sait quand faire un pause et boire une bière mais aussi quand se mettre au travail. Après la première, c’était très émouvant mais aussi très bizarre je ne me rendais pas compte des choses, je me disais que ça faisait deux ans. On était contents d’avoir réussi notre pari. Dans les échos qu’on a eu, les gens semblaient trouver ça original et c’est ce qu’on voulait.

  • J’imagine qu’une tournée est prévue ?!

Oui, c’est un travail fait pour être sur scène de toute façon. On fera le plus gros tournée à l’automne 2016, je pourrai en dire un peu plus bientôt…

Les indiscrétions du Contemporain

 

  • Votre dernier coup de cœur littéraire ?

Un roman graphique qui s’appelle Le sculpteur de Scott McCloud.

  • Votre dernier coup de cœur cinématographique ?

Interstellar de Christopher Nolan.

  • Votre dernier coup de cœur live ?

Aurora. Je l’ai découvert à Europavox. En fait, je voulais absolument voir Jeanne Added et elle passait juste après. Elle est incroyable.

  • L’album dont vous ne pouvez pas vous passer ?

Le dernier album de Gonzalez.

  • Votre conte préféré ?

J’en ai aucune idée. Allez, Le petit chaperon rouge. Je l’avais joué quand j’étais petite, j’en garde un bon souvenir.

Morgane Imbeaud 

Album et Livre déjà disponibles Les Songes de Léo

Le  10 février 2016 à l’Alhambra à Paris  et en tournée dans toute la France

 

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