Un café avec Nicolas Briançon

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© Fabienne Rappeneau

 

        Nicolas Briançon est un hyperactif dans le monde professionnel de la culture. Directeur artistique du festival d’Anjou depuis 2004, il est également metteur en scène de théâtre et comédien à la fois au théâtre, à la télévision et au cinéma. On a pu le voir notamment au cinéma dans Le guetteur de Michel Placido et à la télévision dans la série Engrenages. Il est actuellement en tournée avec la pièce La vénus à la fourrure où il interprète le rôle de Thomas, au côté de Marie Gillain.

Nous l’avons rencontré pour échanger quelques mots autour de sa carrière et de son regard sur son métier.

 

  • Pouvez-vous nous expliquer comment vous êtes arrivé sur le projet de La vénus à la fourrure ?

Assez traditionnellement, le metteur en scène m’a envoyé le texte,  je l’ai lu très vite. C’était un projet un peu nouveau qui avait un intérêt pour moi, celui de ne pas être le metteur en scène. C’était une proposition pour l’acteur. J’ai appelé très vite Jérémie en lui disant «si tu le fais avec quelqu’un d’autre je te tue». Et voilà, ça s’est fait comme ça.

 

  • Aviez-vous lu le livre ou vu le film de Roman Polanski avant de commencer ce projet ?

Non. Ni lu le livre ni vu le film. Je n’ai pas voulu voir le film avant la pièce pour ne pas me faire une idée des personnages. Je ne suis pas sur de vouloir le voir après.

 

  • Toutes les pièces n’ont pas la chance d’être jouées en tournée, est-ce un exercice que vous appréciez ?

Toutes les pièces ne font pas de tournée, surtout aussi importantes. Là on termine une longue série à Bruxelles. C’est un moment joyeux. Moi, j’adore les tournées, la seule angoisse de la tournée est pour moi très personnelle, parceque j’ai des enfants, une famille … donc c’est toujours un moment un peu compliqué d’éloignement mais ça se gère. Sinon, c’est très agréable, c’est chouette.

 

  • Vous avez reçu un Molière en tant que metteur en scène, la pièce La vénus à la fourrure en a reçu deux, ces récompenses sont-elles importantes pour vous ?

C’est important comme quand on vous dit qu’on a aimé votre travail, on fait sans doute ce métier pour ça. Je ne pense pas que je suis le meilleur, que je suis un cador parce que j’ai eu un Molière, ça non. En même temps, il ne faut pas bouder son plaisir. Vous savez, j’ai eu un plaisir immense à recevoir ce Molière, ça ne récompensait pas juste mon travail sur Le voyage avec ma tante que j’avais mis en scène mais un ensemble de choses, ce que je fais dans ce métier depuis longtemps. À ce titre là c’est une reconnaissance de la profession et de vos pairs qui est extrêmement joyeuse.

Le lendemain des Molière, vous avez votre petite statue, vous lui cherchez une place chez vous, d’ailleurs c’est très compliqué! Où mettre le Molière ? Si vous le mettez trop en avant, c’est trop ostentatoire mais en même temps c’est dommage de le cacher ! Le lendemain du Molière, vous avez un spectacle à faire, vous repartez à zéro, vous cherchez, c’est compliqué. Ca ne change rien en fait, c’est juste à un moment donné, une soirée qui est très joyeuse. C’est pas grave de ne pas en avoir. Il y a des gens extraordinaires qui n’en auront peut être jamais, tout ça n’est pas très grave.

 

  • Il est où alors ce Molière ?

Ah ! Il est sur mon bureau mais entassé avec plein de papiers dessus.

 

  • Vous avez l’habitude d’être metteur en scène, ce n’est pas trop difficile de se faire diriger ?

Ca m’arrive quand même de faire l’acteur. Je suis moins acteur au théâtre mais je tourne pas mal. Je suis quand même habitué à être dirigé. Quand on est un acteur qui met en scène, je crois qu’on devient l’acteur le plus facile à diriger. On est dans le plaisir d’être dirigé, à être emmené dans le rêve de quelqu’un d’autre. Je pense que Jérémie Lippmann, le metteur en scène de La vénus à la fourrure, a pensé que je n’étais pas très compliqué à diriger.

 

  • Vous êtes présent à la fois au théâtre, au cinéma et à la télévision ? Avez-vous une préférence ?

Si je vous dis que j’ai une préférence, ça voudrait dire que j’ai moins de plaisir à faire les autres choses. Par exemple, j’ai un plaisir immense à faire Engrenages, la série de Canal +, parce que c’est bien écrit, parce que les comédiens, les équipes de production, de tournages sont exceptionnels. Quand on travaille avec ce degré-là de qualité sur une série c’est formidable. Après c’est vrai que je ne retrouve pas toujours à la télévision ou au cinéma le professionnalisme, ou plutôt, la rigueur qui préside au théâtre. Moi j’aime bien le théâtre pour ça, c’est compliqué, il faut y retourner tous les soirs, c’est fatiguant, c’est moins bien payé mais en terme d’intérêt professionnel, de plaisir de jeu, de réflexion sur le métier, de recherche sur les personnages, c’est incomparable. Si je devais garder une chose de toutes les activités que j’ai, ce serait le théâtre.

 

  • Vous avez tourné avec Cédric Klapisch dans Les poupées russes, auriez-vous été intéressé par un rôle dans la série qu’il a en partie réalisé, Dix pour cent, pour France2 ?

Figurez-vous que j’ai failli y participer mais je n’ai pas pu par manque de temps à cause de la pièce mais j’aurai beaucoup aimé. Peut être pour la saison 2 s’il y en a une 

 

Les indiscrétions du Contemporain

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© Fabienne Rappeneau

 

  • La dernière pièce de théâtre que vous ayez vu ?

Le roi Lear au théâtre de la Madeleine.

 

  • Le rôle qui vous fait rêver au cinéma ou au théâtre ?

Richard III … je m’y collerai un jour.

 

  • Le dernier livre que vous ayez lu ?

Une biographie d’Antoine Bourdelle.

 

  • Le dernier concert auquel vous vous êtes rendu ?

Charles Aznavour au Palais des Sports.

 

  • Pour finir, que diriez-vous à nos lecteurs pour leur donner envie de venir voir La vénus à la fourrure ?

C’est une pièce qui va bien au-delà de ce que l’on peut penser au premier abord. Ce n’est pas qu’une histoire de sadomasochisme. C’est une histoire qui est avant tout très drôle et en cela elle est très surprenante.

 

 

 

La Vénus à la fourrure 

Une pièce de David Ives

Mise en scène par Jérémie Lippmann

Avec Marie Gillain, Nicolas Briançon

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