Une robe d’été, François Ozon, 1996

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Pour certains l’amour c’est comme une cigarette

Pour moi, l’amour c’est comme une petite robe bleue

 

          François Ozon aime le symbole que je représente. Une féminité accomplie, une légèreté printanière, une douce folie. Dans ces films souvent, j’apparais sur des prostituées très belles ou sur des jeunes femmes transexuelles. On peut dire parfois que ce n’est pas ma place, mais ces corps beaux aux corsages (qui ne le sont pas tout à fait) se sentent eux – mêmes quand ils me portent.

 

          Le frisson c’est le vent qui m’effleure. L’attirance, ce sont les mains qui me touchent. L’envie, ce sont les plis qui se dressent sur moi. Et puis je tourne, je m’échappe. Et plus je virevolte, plus je tombe. Je m’isole et m’échange, je m’enfile et me défile, me retire et me déchire et puis, je te fais sourire. Je lance des défis et ose m’abandonner, aux bras d’inconnus que l’on finit par dévorer. C’est vrai qu’elle est mignonne cette Robe d’Eté.

 

          Et même si l’on m’aime portée, ma décadence peut faire admirer les corps nus délicatement musclés, qui ne cherchent qu’à se faire désirer, pour mieux être déshabillés, par tant de frivolité. J’aime les garçons et j’aime leur beauté, je suis compagne de voyage et pour les yeux, charmant paysage, je suis neuve mais pourtant si usée.

 

          Que l’on aime filmer de jolies jambes qui pédalent sur un vélo rouge ou que l’on me filme moi sous toutes les identités, je sais que ce que vous préférez, ce sont des mains expertes en train de m’arracher, pour faire d’un simple plaisir, un instant chargé de souvenirs.

 

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